Lurcy a tenu sa promesse….
Une bande de potes, un soleil de plomb, des sueurs froids, des coups de chauds, un tracé technique et rapide, des autos affutées …bref tout les ingrédients nécessaires à une belle journée SCCT.
Mais pour ma part cela commence la veille, on décole de la campagne Yvelinoise avec mon pote Manu (dont on attend les très belles photos avec impatience !) en début d’aprem. Arrivés sur l’A10 on commence à communiquer par signe :
« -t’as pas une fuite à l’échappement ?
-Quoi ?
- T’AS PAS UNE FUITE A l’ECHAPPEMENT ?
-GUEULE PLUS FORT J’ENTEND PAS AVEC LA FUITE A L’ECHAPPEMENT »
Bon je romance un peu mais nous ne sommes pas loin de la vérité…et puis de toute façon on s’en moque à Lurcy il n’y a pas de sonomètre (est ce le dernier circuit en France ainsi ?!?).
En fin d’aprem on atteint le QG du FROCC à Montmorillon (et ses délicieux macarons à l’amande….on peut aimer l’auto ancienne et la bonne bouffe). Bastien nous accueille avec son hospitalité légendaire, on gare la 2002 au chaud, puis nous bavons devant la dernière acquisition du maitre des lieux. La robe rouge du coupé Fiat Dino 2L nous fait de l’œil, les autres ne sont pas encore arrivés alors on en profite pour aller dégourdir les bielles de la belle italienne. Un petit trajet pianissimo permet de monter gentiment la mécanique à température. Cela fait le V6 italien nous donne un récital accompagné des douces effluves d’huiles chaudes. Bastien me cède le volant, si côté moteur je suis totalement envouté, côté châssis la partition est plus chaotique. Au chapitre de ceux qui ont décidé de se la jouer « dolce vita » on comptabilise les disques de freins avant, de nombreux silentbloc et autres articulations de train. L’auto est lourde et fait souffrir sa partie cycle…mais je n’ai nul doute que son bienfaiteur fera ce qu’il fout pour qu’elle retrouve la hargne de ses premiers jours.
Retour à la casa. Luc nous prépare un des ces petits plats qui tiennent au corps et dont il a le secret, Dany l’assiste moralement, Simon et Benoit sont taquet après leur premier trajet. La 323 et la golf font figure d’épouvantails, à moins que la 924T ne les mettent d’accord demain…Mais pour Luc il n’y a aucun doute possible : demain la fiot va tous nous pourrir.…tant qu’elle ne nous pourri pas la journée en tombant en rade pour aller au circuit !
Le lendemain debout aux aurores avec pour petit déj 200bornes de très jolies petites routes. Chateaux, court d’eau et petits lacets se succèdent, tandis que le jour se lève et la brume se disperse. On traverse même la forêt de Tronçais encore endormie à cette heure ci. Arrivée sur le circuit on découvre avec plaisir un parking agrandi. On se trouve un point de ralliement, le temps à Pascal de décharger la seven du plateau fraichement acquis (ainsi que du tracteur !) et pour Patrick de dételer l’escort RS2000. Un Patrick tout sourire donc puisqu’il a troqué la BMW 2000 full stock des écuyers contre son arme de guerre fétiche. La famille Bouvier fait une entrée remarquée avec la 320 « nouvelle mouture » qui suit la 505 Turbo. Côté ancienne on trouve aussi le Berton GTA « style » du « Patron » (comprendre le boss d’arno), une alfetta berline groupe 1 amenée par Alain Hannon, un autre Bertone lui aussi gr1, la bertone (décidément) d’Alain Rolland, Un très beau proto Dauphine sur lequel je reviendrais, une monoplace Formule renault atmo que l’on ne verra malheureusement peu rouler, et enfin une réplique d’AC cobra qui se fera elle aussi beaucoup remarquer.
Après un briefing très « Alain’s » on vérifie les pressions sur quelques autos puis on prend la piste pour une première session. Bonne surprise le rabaissement de la 2002 me donne un plus plus de train avant dans les longues courbes, mauvaise surprise j’accumule les ratés en courbe, problème de pression d’essence ? cuve qui déjauge ? Le soucis se solutionnera de lui-même au cours de la journée, renseignement pris je ne serais pas le seul confronté à des problèmes de ratés et nous en avons tous plus ou moins conclu à un soucis de qualité d’essence…bref. Après une première série en XAS, je décide de passer les vieux falken 7 ans d’âge histoire de voir. Tandis que l’on inverse les roues la session est interrompue…tiens on dirait la 505 arrêtée dans l’école. Les autres reviennent au stand pour me dire qu’en fait c’est la 320 qui a fait un bérêt…mince, moment d’inquiétude mais très vite on me dit qu’arno est sorti tout seul de l’auto. Physiquement il n’a rien et comme le cerveau ne craint pas grand-chose, le vrai mal n’est que pour l’auto. Au boulot on a coutume de dire au premier gros crash « ça y est t’es un homme »…T’inquiètes Arno des bérets t’en fera d’autres et saches que le vrai talent ce n’est pas tellement de ne pas se crasher, mais de le faire sans se faire mal. Et comme il faut soigner le mal par le mal, Arno reprend de suite le volant de la 505 et retrouve rapidement ses marques….bon réflexe.
Patrick rentre de piste un peu fâché après ses R888 « qui ne font que glisser », les pressions initiales étant pourtant les bonnes. On tâte les pneus « mais c’est pas chaud ça …chauffe superficielle, tu as attaqué trop tôt et le pneu n’est pas monté en température à cœur ». Ah bon ! me répond-t-il, et bien tiens prends les clés va vérifier par toi-même, tandis qu’il rejoint Bastien dans la 924T.
Il ne fallait pas me le dire deux fois. Deux tours de chauffe des gommards, tout les manos sont OK, puis gaz….quelle auto mes enfants, elle prend du roulis comme une caisse de rallye, mais elle a du grip et surtout de la progressivité. Le moteur est coupleux à souhait et réponds au doigt (de pied) et à la cheville. Les virages qui me paraissaient long avec la 2002 prennent tout à coup du rythme…et surtout il y a cet autobloc magique, pas vicieux pour deux ronds mais qui permet d’enrouler sur le couple à la demande. La parabolique de l’escargot est un régal, au gaz on gère l’enroulement tandis que le volant ne ser plus qu’à amorcer la sortie du virage en un léger contre appel. Pour reprendre une expression chère à beep (et que vous sensurerez pour les enfants) « j’ai le bicoux tout dur ».
Evidement quand quelqu’un vient voir Patrick et lui demande si son auto est préparée il vous répond « elle est quasi d’origine ». Admiratif devant l’équilibre de la belle, encore en sueur du quart d’heure « drift is good » que nous nous sommes offert, Patrick avoue tout de même « t’as vu la roue avant dans le passage de roue….elle est décalée, tout le train avant l’est, puis le train arrière…le moteur…les carbus….l’AAC, l’échappement…. »…tu disais stock ton auto Patrick ? Je vous l’affirme « Stock non, magique oui !!! »
Dans l’aprem je subtilise à nouveau les clés de cet avion, j’emmène mon pote Manu. Par curiosité on lance le chrono sur deux tours d’affilés. A chaque fois on claque 1’26 et des poussières en ayant été gêné (et en en gardant tout de même un peu sous le pied, ça n’est pas ma caisse). A comparer au 1’30-31 réalisé l’an dernier avec la BM en XAS et 1’33-34 cette année avec les falken (tout seul dans l’auto)….une valise ! En tout cas encore mille fois merci Patrick….la route va être longue pour que la Capri puisse suivre ! Patrick a eu aussi l’occasion de rouler la 2002, j’ai hate d’en lire ses commentaires (même si son sourire après la session en disait long….on peut avoir peu de cv et se faire très plaisir !)
Du côté de la 2002 les Falken apportent leur lot de fun, le chrono prend certes 3 bonnes secondes, mais les dérives sont plus amples et au final le plaisir est bien là . En parlant de dérive on peut évoquer rapidement les gros avions en piste. A commencer par une monstrueuse M3 E46 d’un gars qui préparait les championnats d’europe de drift. Certes on se demandait bien ce qu’il faisait là mais le niveau de maitrise était impressionnant et il parvenait à tourner aussi vite en drift que les autres en grip !! La KTM X-bow des écuyers a confirmé sa suprématie en piste bien qu’elle fut contestée par une BMW Z3 coupé ex GT-FFSA. Les deux étaient très bien conduites et les pilotes fair-play. Dans l’ensemble j’ai trouvé la cohabitation avec les modernes vraiment aisée exception faites de deux touristes passés l’aprem qui visiblement n’avaient pris ni l’option « j’appui sur la pédale de droite » ni l’option rétro.
Belle surprise aussi que la Dauphine proto qui tournait fort et que se partageaient tour à tour madame et monsieur. Un fort bel exemple de passion partagée. Simon nous offre quelques belles figures au volant de sa chaudière (une photo explicative serait la bienvenue), mais les perfos sont là . Benoit se la joue time-attack et Bastien est bien plus à l’aise qu’avec la 914.
Et la fiot me direz vous…elle devait tous nous pourrir mais ce sont d’inexplicable coupure au délà de 4000tr/min qui vont pourrir les perfos du pauvre Luc. Mais méfiez vous, à la prochaine « il nous pourris tous !!! ».
La journée touche à sa fin, il faut penser à remballer à contre cœur. On remmène tout de même pleins de bons souvenirs et de copieux coups de soleils. Ce circuit est assurément un des plus sympa de la saison. Que l’on ai une petite ou une grosse auto chacun y trouvera beaucoup de plaisir et de sensations.
D’ailleurs ça me fait penser que ce circuit est bien placé, assez sécuritaire, pas chiant sur les contraintes bruits et nbre d’auto en piste…..et si on se faisait une 100% SCCT au premier semestre 2012 là bas !?!